Enurésie: la fin du tout psy!

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On a tout dit sur l’énurésie des enfants, tout imaginé, tout supposé à propos du “pipi au lit” et les techniques les plus aberrantes ont été employées pour essayer de faire passer ce retard de propreté. En première ligne, la culpabilisation à outrance des parents, des enfants et un manque de connaissance réelle du problème. Aujourd’hui, la science s’y intéresse de plus près et suppose enfin plus qu’elle n’affirme : un réel progrès !

Enurésie: définition

Tout d’abord, qu’est-ce que l’énurésie ? Une miction (le fait de faire pipi) complète et involontaire pendant le sommeil chez un enfant de plus de cinq ans. Donc pas d’inquiétude pour les “pipis au lit” nomraux pendant l’apprentissage de la propreté! On distingue deux types d’énurésie : la forme primaire lorsque l’enfant n’a jamais été propre la nuit (85% des cas) et l’énurésie secondaire lorsqu’elle surgit après une période de propreté d’au moins six mois. En France, plus de 450 000 enfants en souffrent, soit 15% des enfants de 5 ans, 8 à 10% des enfants de 8 ans et 2 à 3% des adolescents.

Enurésie: ce que l’on sait aujourd’hui

“C’est dans la tête, docteur ?”, “Il a le sommeil profond vous savez”, “Il doit avoir une petite vessie, non ?”… Autant de questions qui reviennent souvent dans la bouche des parents. A toutes ces questions, la réponse est non.
Et même si les causes de l’énurésie ne sont pas clairement identifiées malgré de nombreuses recherches (encore récentes) à ce sujet, un certain nombre de facteurs déclenchants ont pu être isolés : il semblerait que l’immaturité de certaines fonctions chez l’enfant énurétique puisse expliquer le retard de l’acquisition de la propreté nocturne alors que l’enfant ne présente aucun trouble ni déficience par ailleurs.
L’énurésie pourrait alors être la conséquence d’une perturbation dans la régulation hormonale du volume urinaire pendant la nuit (la vessie se remplit beaucoup), d’une probable baisse de la capacité vésicale fonctionnelle (la vessie n’est pas petite mais retient moins bien une grande quantité d’urine pendant la nuit) ou d’une immaturité vésicale résiduelle de la petite enfance ne s’exprimant que la nuit (la vessie se contracte spontanément, entraînant des fuites urinaires nocturnes). Ces facteurs peuvent coexister chez un enfant mais il peut arriver que l’un d’entre eux soit prédominant.
On sait aussi qu’il existe un facteur génétique incontestable : le risque pour un enfant de devenir énurétique est multiplié par sept si son père l’était dans son enfance et par cinq s’il s’agissait de sa mère. Existe-t-il tout de même des facteurs déclenchants d’origine psychologique ?
Oui, mais seulement dans les cas d’énurésie secondaire, c’est-à-dire, rappelons-le, lorsque les troubles surviennent après une période “sèche” d’au moins six mois. Un déménagement, l’arrivée d’un petit frère, des difficultés scolaires, un conflit familial peuvent être la cause d’énurésie chez des enfants normaux mais plus sensibles ou angoissés que la moyenne face à un événement perturbateur.
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Enurésie: quand et qui consulter ?

Le premier réflexe des parents d’enfants énurétiques est bien souvent d’aller consulter un psychologue ou un pédopsychiatre en première intention, réflexe conditionné par un inconscient collectif qui assimile l’énurésie à un problème psychologique. Seconde raison à cela: souvent, les parents (et les enfants) n’osent pas parler à leur généraliste ou à leur pédiatre de ce problème.

Les parents culpabilisent
(c’est sûrement à cause de moi qu’il est en retard) et les enfants ont un sentiment de honte, de gêne. Ajoutez à cela le fait que bien des médecins sont finalement peu informés de ces questions et l’on arrive à des situations difficiles à vivre: des parents et des enfants isolés dans leur problématique entre des psys qui font ce qu’ils peuvent et des médecins qui leur disent “ça va passer”. Pourtant, la guérison (qui finit quasiment toujours par arriver puisque seuls 1% des enfants énurétiques le seront encore à l’âge adulte), passe d’abord par un vrai bilan chez un médecin qui prenne le temps d’étudier le problème au cas par cas et dans son ensemble…
Ce que confirme le docteur Christophe Philippe, spécialiste de l’énurésie et des troubles mictionnels de l’enfant: “Lorsque je vois un enfant pour une énurésie, je cherche avant tout à comprendre ce qui pose problème, tant à l’enfant qu’à ses parents. Je profite de ce premier contact pour dédramatiser la situation. L’enfant ne peut pas guérir s’il se sent coupable d’une faute qu’il n’a pas commise “. En cela, un psy peut aider à mieux vivre l’énurésie au quotidien, que ce soit pour l’enfant ou pour son entourage, mais il ne détient pas les clefs de la guérison.

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