Activités extra scolaires : Le sport, c'est bon pour quoi?

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A voir nos enfants si pleins d’énergie, on imagine aisément que le sport est pour eux une seconde nature. Oui mais gare aux excès !

Les enfants représentent près de la moitié des licenciés sportifs. Et si tous les parents sont convaincus que le sport est une bonne chose pour l’épanouissement physique et la sociabilité de leur enfant, les pédiatres et médecins généralistes sont confrontés au cours de leur exercice à beaucoup de questions de parents quant à la place à accorder au sport.

Quels sont les bienfaits du sport pour le développement de l’enfant, quelles précautions faut-il prendre, vers quel sport l’orienter ?

l’enfance du sport : Ne pas brûler les étapes!

Tout d’abord, il convient de répondre à ces questions par tranches d’âges tant l’enfant, même s’il est un adulte en construction, est différent à chaque phase de son développement. Avant même la maternelle, beaucoup d’enfants sont inscrits dans des clubs de baby-gym et y pratiquent des jeux de ballon, d’équilibre. « Cet éveil psychomoteur va les armer pour entrer de façon satisfaisante au CP et commencer l’apprentissage de la lecture » précise le docteur Michel Binder, médecin du sport de l’enfant et de l’adolescent à la clinique du Sport à Paris… Où l’on rappelle l’étroite relation entre le corps et l’esprit, et ce dès le plus jeune âge.

Vers 6 ou 7 ans, l’équilibre est acquis et l’enfant maîtrise ses gestes. C’est l’âge où il constitue son image corporelle et place les bases de sa condition physique : contrôle postural, coordination, latéralité, orientation dans l’espace et le temps, anticipation, placement… Ce qui l’aide pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Puis, entre 8 et 12 ans, il peut commencer à se mesurer à lui-même, à se lancer des défis, à passer des niveaux et, ainsi, à s’éveiller au culte de l’effort et de la persévérance, au désir de réussir à force de volonté.

Le sport permet à l’enfant de se connaître

Le sport permet aussi à l’enfant de cet âge d’accélérer son processus de décision, de s’affirmer, de canaliser ses réactions d’agressivité… Le tout à la stricte condition, précise Michel Binder, que toute notion de contrainte soit bannie. Aller contre nature, sous prétexte de faire de son enfant un champion, est un piège dans lequel il vaut mieux éviter de tomber.

Inutile d’apprendre à nager à un bambin de 3 ans alors que la coordination des bras et des jambes n’est pas encore acquise ou de faire faire de la musculation à un enfant de 10 ans alors que le développement musculaire dépend d’une hormone qui n’est sécrétée qu’à la puberté. Enfin, les enfants n’ont pas les mêmes facultés de récupération que l’adulte : ils récupèrent plus rapidement mais ne sont pas armés pour des efforts prolongés.

Quand le sport devient une source d’angoisse

De même, si l’on pousse un enfant à pratiquer un sport qui ne l’amuse pas, si l’on veut obtenir de lui des résultats, que l’on inscrit ce temps de loisirs pour lui dans une logique de performance, on risque fort de produire l’effet inverse : un dégoût, un rejet et un mauvais démarrage dans sa vie sportive, donc dans sa relation à son corps.

Plus préoccupant encore, l’enfant risque de se dévaluer, de se dire qu’il n’est pas capable d’assumer ce que ses parents attendent de lui alors que le sport doit être et rester une source de plaisir et un moyen très efficace, lorsqu’il est bien mené, de justement prendre confiance en soi et se libérer du stress. La règle d’or, comme en bien d’autres domaines, doit être l’écoute car il est important qu’un enfant puisse exprimer ses réticences, ses craintes et ses éventuels bobos pour l’orienter le cas échéant vers une autre activité qui lui apporte plus de bien-être et de satisfaction.

Enfance et sport: quel est le bon rythme ?

Le HCSP (Haut Comité de la Santé Publique), quand il se penche sur le rôle de l’activité physique dans le développement de l’enfant, distingue clairement la pratique sportive modérée qui n’excède pas dix heures par semaine, cours d’EPS à l’école ou au collège compris, et la pratique intensive, à partir de quinze heures par semaine, qui concerne une fraction limitée des enfants : celle des sportifs de haut niveau.

Dans le premier cas, les risques de lésions malignes, de dommages corporels importants restent limités, la pratique du sport étant de mieux en mieux encadrée. Cependant, toute douleur suspecte doit être prise au sérieux et amener à consulter. C’est l’indicateur absolu d’un éventuel surmenage d’une machine en pleine  croissance !

Croissance : la comprendre pour ne pas la malmener

A un bon rythme, le sport favorise le développement et le renforcement des os, des muscles et tendons, il exerce la souplesse, la vitesse, l’adresse, il développe les capacités respiratoires, fortifie l’ensemble du corps et donc contribue à lutter contre les affections. Il prévient aussi, dans une certaine mesure, le surpoids. Pratiqué à outrance, en revanche, ou dans des conditions inadaptées à l’âge ou à la nature de l’enfant, le sport peut s’avérer nuisible. Car les enfants ne sont pas des adultes miniatures ! Leur corps comporte plusieurs centaines de cartilages de croissance situés à l’extrémité ou autour des os ainsi qu’aux points d’ancrage des tendons sur les os. Ces cartilages, comme leur nom l’indique, leur permettent de grandir mais une activité physique trop intense peut les endommager et avoir des conséquences sur leur développement.

Trop de sport? Comment déceler les pathologies…

Les fractures et les décollements épiphysaires sont les traumatismes sportifs les plus fréquents chez l’enfant. Ces fractures entraînent en général une lésion d’un cartilage de croissance, toutes les articulations pouvant être concernées avec en priorité le coude, le poignet, le genou, la cheville.

Elles se manifestent par une douleur importante et localisée, une impossibilité de mobiliser le membre et de prendre appui dessus, parfois une déformation et/ou un gonflement articulaire. Mal traitées, ces affections peuvent laisser des séquelles : inégalités de longueurs en fin de croissance, déviation axiale, arthrose à long terme. L’hyperutilisation (sollicitation trop importante des articulations), concerne elle aussi toutes les articulations mais surtout le genou. Ses symptômes ? Des douleurs à la pratique du sport ou à la réception de sauts.

Star dans ce domaine, la dystrophie de croissance (maladie d’Osgood-Schlatter) qui survient au niveau du tendon rotulien du genou et à laquelle il faut songer en cas de douleur au genou en période pubertaire (vers 12 ans). Attention au dos également : il faut surveiller la colonne vertébrale, surtout lorsqu’il existe déjà à ce niveau un léger déséquilibre (scoliose par exemple). Dans ce cas, mieux vaut éviter les sports qui développent un rachis asymétrique (vélo, tennis).

Une fatigue inhabituelle doit également être surveillée et analysée. A la première douleur anormale, il faut consulter : non, le sport n’est pas fait pour souffrir et il n’est pas normal de garder d’une séance de sport des douleurs qui ne passent pas. En résumé, un enfant sportif doit être raisonnablement mais régulièrement surveillé. Il en va de son épanouissement et de sa santé futurs.

Bienfaits et bobos : quel sport choisir ?

 Petit florilège non exhaustif de sports à pratiquer dès l’enfance.

. Equitation : Ce sport particulier puisqu’il associe l’homme à l’animal développe la patience, l’humilité, l’endurance et la confiance. Il est accessible à tous en commençant dès 4/5 ans sur des poneys. Attention aux soucis de scolioses ou d’allergies aux poils de l’animal… Et aux chutes qui sont heureusement la plupart du temps bénignes. www.ffe.fr

. Escrime : pratiqué dès l’âge de 6 ans (armes adaptées à l’âge et à la morphologie de chacun), ce sport développe le sens de l’observation, l’esprit d’analyse et la vitesse de décision. Fédération Française d’Escrime : 01.44.53.27.50 – www.escrime.ffe.fr

. Football : les clubs accueillent les enfants à partir de 5/6 ans. Le football convient à tous les gabarits et n’exige pas de moyens physiques importants. Comme tous les sports d’équipe, il favorise l’esprit de groupe. Il développe aussi l’endurance. Attention cependant aux petits traumatismes des jambes, aux chutes et aux collisions assez fréquentes !

. Judo : exercice complet à pratiquer dès l’âge de 4 ans, le judo donne une musculature solide et harmonieuse, associe la force et la souplesse, améliore l’équilibre nerveux, donne de l’assurance dans les gestes et enseigne la persévérance. Attention toutefois en cas de déficiences et déformations vertébrales. www.ffjudo.com

. Natation : pratiquée régulièrement, la natation développe toutes les parties du corps. Elle accroît la capacité respiratoire et la puissance cardiaque. Seuls ennemis : les sinusites, otites et autres mycoses et verrues dues au milieu ambiant ! www.ffnatation.org

. Tennis : on peut commencer à y jouer petit (vers 5 ans) grâce au mini-tennis. Le tennis aiguise la vivacité, les réflexes et améliore la concentration. En revanche, il demande des efforts parfois violents et de l’endurance. Il sollicite beaucoup les genoux et la colonne vertébrale dont la croissance doit être surveillée. www.fft.fr

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