Comment refonder l’école ?

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L’Assemblée nationale a voté mardi 19 mars en première lecture le projet de loi pour la refondation de l’école. Vincent Peillon a déclaré à cette occasion que désor­mais l'”école de la République se remet en mou­ve­ment”. Pour le ministre de l’Education natio­nale, cette loi consti­tue “un pre­mier pas dans la bonne direc­tion après com­bien dans la mau­vaise direc­tion et com­bien d’immobilisme ». Le pro­jet de loi a été, sans sur­prise, rejeté à l’unanimité par la droite. Frédéric Reiss, député UMP, a cri­ti­qué un texte “bavard”, “brouillé par le très contro­versé décret sur les rythmes sco­laires” et qui “ressemble plus à un lif­ting idéo­lo­gique qu’à une véri­table refon­da­tion de l’école”. Qu’en est-il ?

Voici les principales mesures

60 000 postes – Le rapport annexé au projet de loi fixe l’objectif de 60 000 créations de postes sur le quinquennat, promis par François Hollande : 54 000 postes dans l’éducation, 5 000 dans l’enseignement supérieur, 1 000 dans l’enseignement agricole. Près de la moitié, 27 000 postes, iront à la formation des enseignants. Le primaire aura 14 000 postes : 7 000 pour le “plus de maîtres que de classes”, en particulier dans les Rased (réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté), 3 000 pour l’accueil des moins de 3 ans, 4 000 pour améliorer “l’équité territoriale”.

 

Rétablissement de la formation des enseignants supprimée en 2010 – Création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe) pour la rentrée 2013, car “enseigner s’apprend”, avec des compétences académiques mais aussi pédagogiques : il ne suffit pas d’avoir un master de maths pour enseigner la lecture ou accueillir un enfant handicapé… Entrée progressive dans le métier.

 

Fonds d’aide aux communes pour la réforme des rythmes scolaires – Sans aborder directement la question brûlante de la semaine de quatre jours et demi, qui relève d’un décret pris en janvier dernier, le projet de loi crée un fonds destiné à aider les communes pour leurs activités périscolaires jusqu’à 16h30.

 

Priorité au primaire – Relance de la scolarisation des moins de 3 ans encouragée dans les secteurs d’éducation prioritaire, les secteurs ruraux isolés et les DOM-COM pour lutter contre l’échec scolaire. Les missions de la maternelle seront redéfinies pour la rentrée 2014, notamment pour stopper sa “primarisation”, ou anticipation d’apprentissages de l’école élémentaire, car cette pression précoce met des enfants en difficulté. “Plus de maîtres que de classes” en primaire dans les zones défavorisées, notamment pour varier les pratiques pédagogiques afin de réduire l’échec.

 

Langue vivante obligatoire en CP – Pour améliorer les résultats “alarmants” en langues étrangères.

 

Lien école-collège – Création d’un conseil école-collège dans chaque secteur de recrutement d’un collège. Intensification de la coopération entre les enseignants des deux degrés et renforcement de la continuité pédagogique entre le primaire et secondaire.

 

Redoublement – Coûteux et d’une efficacité pédagogique “pas probante”, il devra devenir “exceptionnel”.

 

Enseignement moral et civique – Pour promouvoir le respect de la personne, de ses origines, de ses différences et de l’égalité homme-femme. Les élèves apprendront l’hymne européen, en plus de l’hymne national. Les enseignants sont invités à intégrer les langues et cultures régionales dans leur enseignement. La devise de la République et le drapeau tricolore seront apposés sur tous les établissements scolaires.

 

Jeux dangereux – Les équipes pédagogiques et éducatives seront sensibilisées et formées à la prévention et à la lutte contre les “jeux dangereux”.

 

Ambition numérique – Création d’un service public de l’enseignement numérique et de l’enseignement à distance, pour prolonger les enseignements, communiquer avec les familles, offrir des ressources pédagogiques aux enseignants ou permettre d’instruire à distance des élèves handicapés. Sensibilisation aux droits et aux devoirs induits par le numérique. Les collectivités seront responsables de la maintenance des équipements.

 

Orientation choisie – Parcours de découverte du monde économique et professionnel à partir de la rentrée 2015 dès la sixième, où le tronc commun doit être le plus long possible.

 

Programmes – Un Conseil supérieur des programmes réexaminera le socle des connaissances, des compétences, et désormais aussi de culture. Il doit devenir “le principe organisateur de l’enseignement obligatoire” (de 6 à 16 ans) et fera des propositions sur les épreuves du brevet et du baccalauréat.

 

Suivi de la loi – Un comité de suivi sera chargé d’évaluer l’application de la présente loi et transmettra chaque année son rapport au Parlement.

Interview de Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale

La loi sur la refondation de l’école vient d’être adoptée au parlement en première lecture et cela fait près de 10 mois que vous occupez la fonction de ministre de l’Education nationale. Que vous inspire cette première étape ?

C’est une étape importante de la refondation qui vient d’être franchie et je m’en réjouis. C’est l’aboutissement de mois de travail, de concertation et d’échange avec l’ensemble des partenaires, – élus, organisations syndicales, parents… – Il faut du temps, de la patience et de la persévérance pour changer l’école, et c’est bien naturel : quand on légifère sur l’école, ce que l’on met en jeu, ce n’est pas les prochains mois, ni mêmes les prochaines années, c’est l’avenir de notre pays pour les prochaines décennies. J’ai l’habitude de rappeler qu’un enfant qui entre aujourd’hui en maternelle a de forte chance de connaître le XXIIe siècle. Face à cette responsabilité, dix mois, c’est très court.

L’éducation nationale est-elle réformable en profondeur malgré sa réputation ?

L’éducation nationale, c’est 12 millions d’élèves, un million d’emplois dont plus de 800 000 enseignants, plus de 50 000 écoles, 11 000 établissements du second degré. Il faut bien mesurer ces chiffres ! Evidemment, les réformes sont complexes à mettre en œuvre, bien entendu on ne peut pas transformer le système en un claquement de doigt : on parle du quotidien, des conditions de travail, des revenus, des horaires, de la formation de centaines et de centaines de milliers de personnes. Mais c’est justement en profondeur, et seulement en profondeur, que l’on peut transformer une telle institution, car les réformes ponctuelles, de surface, s’effacent aussi vite que les ministres qui les ont portées. Je sais, parce que la crise que traverse l’école est aujourd’hui connue de tous, parce que le diagnostic est aujourd’hui partagé, que l’éducation nationale est prête aujourd’hui pour des changements structurels, culturels même.

Francois Hollande a prévu la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale sur le quinquennat. Compte tenu de l’état des finances publiques, est ce toujours possible ?

C’est toujours possible, c’est toujours indispensable et nous le ferons. Oui, les temps sont durs, mais c’est justement pour cela nous devons préparer notre avenir. C’est toute la différence entre la politique de redressement que ce gouvernement a entrepris, et la politique précédente d’austérité qui a conduit à supprimer 80 000 postes en cinq ans. Qui ne voit pas qu’un pays qui laisse un quart de ses jeunes sur le bord du chemin est un pays qui se résigne au déclin, économique, culturel, social ? Nous ne nous y résignons pas : nous traverserons cette crise en armant notre jeunesse intellectuellement, moralement, en lui donnant les moyens de se construire collectivement comme individuellement. Dès lors, les postes que nous créons, ce n’est pas une dépense à fonds perdu, c’est un investissement – et qui plus est, un investissement rentable pour la Nation !

En la matière, les résultats de l’école française à la dernière étude PISA laissent penser, que malgré des moyens conséquents, la France s’en sort plus mal que nombre de ses voisins de l’OCDE. Comment expliquer cela ? La réussite des élèves n’est-elle qu’une question de moyens ?
 

Connaissez-vous un seul pays qui ait amélioré son système éducatif et les résultats de ses élèves en coupant dans ses dépenses d’éducation ? Non, car il n’y en a pas. Tous les pays qui progressent ont fait le choix d’investir davantage. C’est vrai que beaucoup partaient, en matière de dépenses, de plus bas que nous, ils ne nous ont pas rattrapé. Doit-on en déduire, comme l’a fait le gouvernement précédent, que nous pourrions progresser en supprimant la formation des enseignants, en faisant disparaître les dispositifs de soutien, en rendant impossible les remplacements des enseignants absents, en laissant les plus jeunes aux portes des écoles maternelles, en supprimant une journée de classe par semaine ? Cela n’a aucun sens! Le problème, ce n’est pas que nous dépensons trop, c’est que nous dépensons mal. Nous avons, par exemple, le plus faible taux d’encadrement de l’OCDE en primaire et contrairement à ce que tout le monde croit, nous dépensons moins pour les élèves dans les quartiers difficiles que pour ceux des centres villes. Les 60 000 postes que nous créons serviront justement à rééquilibrer les choses, à répondre aux défauts majeurs, structurels de notre école : c’est la priorité au primaire, c’est la formation des enseignants, c’est une nouvelle politique pour l’éducation prioritaire…

En quoi un changement de rythme scolaire permettra une meilleure réussite des élèves ? Et comment assurer l’égalité territoriale dans l’accès à des activités peri-scolaires de qualité territoire ?

Chacun le sait, 144 jours d’école par an, ce n’est pas assez, et six heures de classe par jour, pour des enfants de CP, c’est trop et c’est une exception française. Les élèves sont fatigués et agités à la fin de la journée, ils ont du mal d’assimiler correctement les apprentissages. Nous redonnons cinq matinées pleines pour les apprentissages les plus exigeants intellectuellement, mais nous voulons faire mieux encore, en penser les temps de l’enfant dans leur globalité, en articulant les rythmes de l’école avec les autres temps éducatifs, culturels et sportifs notamment. Avec la création des projets éducatifs territoriaux et le fonds d’amorçage de 250 millions d’euros, nous donnons aux communes les moyens et les outils pour mettre en place cette réforme et proposer des activités de qualité. Toutes celles qui adoptent la réforme en 2013 bénéficieront en effet de 50 euros par élève. Pour les plus pauvres, c’est 40 euros supplémentaires en 2013, et 45 euros à nouveau en 2014 : c’est une péréquation comme il n’y en a jamais eu.

Comment prenez-vous le choix de certaines grandes villes d’appliquer la réforme des rythmes scolaires en 2014 plutôt qu’en 2013 ? Ne craignez-vous pas que ce différé dans la mise en application ne préfigure un abandon de cette réforme ?

Nous avons donné ce choix, parce que certaines communes préfèrent commencer tout de suite, parce qu’elles sont prêtes, qu’elles disposent déjà des moyens, humains notamment, ou qu’elles préfèrent avancer en marchant, qu’elles considèrent que l’expérience est le meilleur moyen d’améliorer les choses qui devront l’être. Mais nous savions aussi que nombre de communes ressentaient le besoin de davantage de temps pour s’organiser. Si ce délai est utilisé pour mettre en place des projets de qualité, on ne peut que s’en féliciter – et beaucoup de communes qui se sont déjà engagées dans cette voie, ont d’ores et déjà commencé les concertations, les groupes de travail locaux.
 

Sur l’application du “plus de maîtres que de classes”, c’est-à-dire la co-intervention de deux maîtres dans une même classe à l’école primaire, comment cela va-t-il se mettre en place et cela concerne t-il l’ensemble du territoire ?

Il s’agit de se donner les moyens humains, pédagogiques, de lutter contre l’échec scolaire, de viser la réussite de tous, en ciblant prioritairement les zones difficiles. Nous consacrerons 7 000 postes à ce dispositif qui permettra de mettre en place des pratiques pédagogiques innovantes favorisant la réussite scolaire des élèves, en agissant dans la classe même pour aider les élèves à acquérir les fondamentaux : l’expression orale et écrite, les mathématiques et la méthodologie du travail scolaire. Cela pourra notamment se traduire par une intervention de deux maîtres dans la classe, par la prise en charge de groupes d’élèves en fonction de leurs besoins ou, plus largement, par de nouvelles formes pédagogiques innovantes. Ce seront des professeurs expérimentés qui en auront la charge. Partout où cela se fait, cela marche, à l’étranger comme chez nous. Dans l’Académie d’Aix-Marseille, là où il a été expérimenté, 100% d’élèves sont lecteurs à la fin du 2e cycle, ils obtiennent aussi de bons résultats en mathématiques. Le « plus de maîtres que de classes », ce sont des enfants qui réussissent et des personnels qui sont satisfaits : nous allons pouvoir le faire à grande échelle.
 

L’accueil des enfants de 2 ans en maternelle avait déjà été mise en place notamment en ZEP avec des résultats plutôt mitigés. Or, si l’on en croit les travaux d’Alain Bentolila sur l’acquisition du langage, l’accueil d’un enfant de 2 ans à l’école maternelle devrait s’accompagner d’une adaptation des effectifs aux spécificités de cet âge. Pas plus de 15 enfants par groupe classe par exemple, pour créer les conditions d’une pratique du langage qui soit conséquente. Comment cet accueil va-t-il être mis en place pour s’assurer que son application soit réellement efficace ?

Il est évident que la scolarisation des enfants de moins de trois ans doit se faire dans des conditions adaptées, si l’on veut qu’elle contribue à réduire les écarts, en terme de maîtrise de la langue, en terme de socialisation, qui séparent les élèves dès leur très jeune âge. C’est pourquoi nous avons défini des principes et un cahier des charges national, qui précise les conditions à réunir pour offrir une scolarisation précoce efficace : la place accordée aux parents, la définition d’un projet pédagogique et éducatif, le développement d’un partenariat avec les collectivités territoriales, la formation des enseignants et des formateurs… Notre objectif, c’est que d’ici à trois ans, 30 % des enfants concernés dans les secteurs défavorisés puissent être scolarisés – ils sont à peine 11 % aujourd’hui en moyenne, sur l’ensemble du territoire. Nous y consacrons 3000 postes dans les 5 ans qui viennent.


La formation des maîtres est en pleine refondation avec la création des écoles supérieures de professorat et d’éducation (ESPE). Expliquez-nous ce changement et notamment la différence entre les ESPE et les IUFM qui étaient assez critiqués avant que le Gouvernement précédent ne décide leur suppression mais sans les remplacer ?

Les IUFM avaient des défauts, et nous les corrigeons – mais supprimer la formation était une folie. Les ESPE seront des écoles intégrées dans l’Université et ouvertes sur ses différentes composantes : UFR d’enseignement ou de Recherches, Ecoles doctorales etc… Elles seront des acteurs de l’innovation pédagogique et auront pour mission de développer une culture commune en formant un public plus large que les IUFM, c’est-à-dire en accueillant, au-delà des futurs professeurs, des étudiants se formant aux autres métiers de l’éducation et de la formation. Pour leur part, les jeunes enseignants qui en seront issus auront, outre une solide formation disciplinaire, de vraies compétences en matière pédagogique ainsi qu’une expérience du terrain. En entrant ainsi, progressivement, dans leur métier, ils auront le temps de la réflexivité sur leurs pratiques, la possibilité de travailler en équipe, l’envie de faire des projets : toutes ces choses qui sont impossibles lorsqu’on est envoyé, sans aucune formation, devant des élèves, comme cela a été le cas les années passées.

La suppression de la carte scolaire voulue par Nicolas Sarkozy avait pour projet d’essayer d’en finir avec l’entre-soi éducatif. D’un côté des quartiers aisés avec une école publique d’excellence, de l’autre?des quartiers très affaiblis. Quel regard portez-vous sur cet état d’iniquité républicaine de notre école? Comment comptez-vous rétablir l’équilibre en la matière ?

Si tel était le projet de Nicolas Sarkozy, on peut dire sans risquer de se tromper qu’il a totalement échoué : l’assouplissement de la carte scolaire a aggravé les inégalités territoriales, enfermé les établissements les plus fragiles dans une spirale de l’échec et fragilisé bien des établissements « moyens ». Il faut avoir le courage de dire que l’école ne peut à elle seule, résoudre les inégalités sociales et territoriales. Mais le moins qu’on puisse attendre d’elle, c’est qu’elle ne les aggrave pas ! Or de ce point de vue, nous devons agir dans deux directions : par une meilleure allocation des ressources, en donnant réellement plus à ceux qui ont le moins – c’est l’objet de la réforme de l’éducation prioritaire que nous entreprendrons -, et par une remise en question de la sectorisation telle qu’elle est.

L’opposition vous reproche de “laisser passer une chance historique de refonder l’école”, que vous inspirent ces attaques ?
 

Nous avons une chance historique, c’est vrai. L’école est redevenue une priorité de la nation : nous avons donc les moyens de résorber la dette éducative qui nous a été léguée !
 

Que doit-on attendre de la rentrée 2013 ?

Le changement !

Tribune de Bernadette Groison, secrétaire générale du syndicat FSU

Nous pensons que dans cette loi, il y a vraiment des éléments de rupture par rapport à la politique éducative précédente. C’est-à-dire toutes les valeurs que doit porter l’école aujourd’hui, et un certain nombre d’objectifs qui sont importants pour nous. La réussite de tous les jeunes, les questions d’égalité, et la nécessité de l’élévation du niveau de qualification. Sur la création et la programmation des 60 000 postes, ça fait partie des éléments satisfaisants. Et enfin, nous avons toujours pensé que le retard accumulé sur l’école primaire défavorisait beaucoup les jeunes pour la suite de leur parcours scolaire et particulièrement les plus fragiles. Nous partageons ces objectifs.

Mais, il y a certain nombre de choses qui ne sont pas des ruptures suffisantes. Par exemple tout ce qui concerne les territoires, pour l’instant il n’y rien dans la loi qui concerne la carte scolaire ou l’éducation prioritaire. On aurait souhaité que la loi aille dores et déjà plus loin. On sait qu’en France, et PISA nous la rappeler, l’inégalité scolaire est liée à l’inégalité sociale, et on sait que les inégalités sociales se concentrent dans certains territoires. Je pense qu’il va vraiment falloir retravailler la question de la carte et de la l’éducation prioritaire, retravailler sur les critères, pour voir ensuite, d’un point de vue pédagogique et humain, comment on intervient. Nous trouvons que la loi manque un peu de souffle sur cette ambition là. Et le deuxième reproche, la priorité au primaire c’est bien, mais il ne faut pas être trop silencieux sur le second degré, c’est à dire sur la refondation globale du système éducatif. Il faut travailler sur la cohérence de ce système, en terme de contenus enseignés de pratiques pédagogiques et de formation aussi de tous les personnels de l’éducation nationale. La loi devrait donner plus de perspectives.

Sur les rythmes scolaires, si on fait juste un changement de cadrage horaire du travail des élèves et des enseignants par conséquent, on n’aura pas suffisamment oeuvré dans le sens de la réussite de tous. Parce que les rythmes scolaires sont un élément de la réussite des élèves, mais si on ne change pas en même temps, les conditions de scolarisation des élèves (le nombre d’élèves par classe, les équipements, les locaux), si on n’intervient pas sur les pratiques pédagogiques, c’est à dire sur les formations initiales et continues des enseignants, et si on ne révise pas les contenus enseignés. Les rythmes scolaires pris dans leur dimension simple et unique ne suffiront pas. Il faut travailler sur la qualité du temps éducatifs, scolaire et périscolaire. Nous pensons que la réflexion sur les rythmes scolaires ne peut pas s’arrêter là.

Deuxième élément sur lequel nous avons interpellé le ministre, tout ça ne peut se faire qu’avec les personnels. Pensez que parce qu’il y a eu une concertation au niveau national, et qu’après on peut tout de suite mettre en place les choses, c’est plus compliqué que ça. Il faut mieux associer tous les acteurs et regarder au delà des rythmes scolaires, si on veut en faire une vraie réforme. Attention, ne nous contentons pas de penser qu’il suffit de bouger la sortie de l’heure de sortie de l’école ou la pause déjeuner pour améliorer les conditions de scolarisation et la réussite des élèves.

Il y a deux difficultés pour le ministre et le gouvernement. La première c’est que le ministre doit dire où il veut aller, son objectif en terme de refondation de l’école de manière générale. Au delà des rythmes, la formation, l’école primaire, qui sont très importantes, de dire “voilà comment on voit une transformation du système éducatif qui va permettre que les jeunes réussissent leur parcours de la maternelle au lycée, qu’ils sortent avec une qualification”. Deuxièmement, dans ce contexte de crise, il sera difficile pour le ministre d’associer des personnels à cette volonté de refondation sur le terrain. Des acteurs en marche (enseignants, assistants sociaux, infirmières,…) qui ont attendu toutes ces années et qui se sont battus pour l’école. Ils sont dans l’attente qu’il se passe quelque chose. 2013 c’est la rentrée de Vincent Peillon, elle sonne l’heure de la refondation et il faut qu’elle donne le cap sur des mesures concrètes.

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