Nouvelle étude sur les inégalités scolaires

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Une étude réalisée par l’association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), a mis en lumière que les inégalités sociales influencent la réussite scolaire dès l’école primaire.Le questionnaire a été rempli par 633 élèves de CM1 et de CM2, scolarisés pour moitié dans les secteurs d’éducation prioritaire et pour moitié dans les quartiers aux indicateurs socio-économiques plus favorables. Les questions qui ont été posées portaient sur leurs occupations durant le temps libre, l’organisation familiale, le soutien familial par rapport à leur scolarité et leur manière de vivre l’école.

L’occupation du temps libre

A la lecture des résultats, on note que les enfants scolarisés dans les secteurs d’éducation prioritaire sont moins sollicités à l’extérieur de leurs établissements que ce soit en termes d’activités culturelles ou sportives. Pour ces enfants, l’école permet plus de sorties culturelles que la famille, contrairement aux autres enfants qui vont aussi bien au musée ou à des spectacles avec l’école ou avec leurs parents. 59% des enfants des secteurs de l’éducation prioritaire sont allés à un spectacle en famille, 72% d’entre eux l’ont fait également avec l’école. Alors que 35% de ces enfants ont fréquenté un musée en famille, 83% l’ont fait dans le cadre scolaire.

De plus, en termes d’activités extra-scolaires, on remarque que seulement la moitié des enfants de secteurs d’éducation prioritaire font du sport en club après l’école, alors que c’est le cas des trois quarts des autres enfants. L’écart est encore plus important concernant les activités artistiques comme la musique, le théâtre ou le dessin puisque moins d’un quart des enfants des zones d’éducation prioritaire pratiquent ce type d’activités, alors qu’ils sont plus de la moitié dans les autres quartiers.

Les inégalités en termes d’activités extérieures à l’école impactent la trajectoire scolaire des enfants. Selon les réponses apportées au questionnaire, les enfants actifs en dehors de l’école ont plus de facilités à prendre la parole et à assimiler de nouveaux savoirs que les autres.

Une vie de famille moins adaptée aux exigences de l’école

71,5% des enfants des quartiers identifiés par l’enquête comme ayant des indicateurs socio-économiques favorables se couchent avant ou aux alentours de 21h lorsqu’il y a école le lendemain, c’est le cas de 51% des enfants des secteurs de l’éducation prioritaire. Alors qu’ils ne sont qu’en CM1 ou CM2, 49% d’entre eux se couchent donc à partir de 22h dont 28% vers 23h voire après.

La plupart du temps les enfants qui se couchent tard sont ceux qui regardent la télévision avant d’aller au lit, c’est le cas de la moitié des enfants des secteurs d’éducation prioritaire. De plus, 63% d’entre eux la télévision dans leur chambre, contre 27,5% des autres enfants. Là encore, ceux qui ont la télévision dans leur chambre se couchent beaucoup plus tard. Il est à noter que les enfants qui dorment moins sont ceux qui sautent plus facilement le petit-déjeuner. Cela diminue leurs capacités de concentration et les place dans des conditions d’apprentissages moins favorables que les autres enfants.

Enfin, 58,5% des parents des enfants scolarisés en secteur d’éducation prioritaire aident leurs enfants à faire leurs devoirs contre 71% dans les autres secteurs. Ils sont moins soutenus dans leurs apprentissages, certains ont déclaré qu’ils n’avaient personne vers qui se tourner en cas de difficulté avec les devoirs (environ 13%).

Une école plutôt accueillante pour tous

Malgré ces inégalités, cela ne semble pas influencer la manière dont les enfants vivent l’école au quotidien, ils aiment s’y rendre dans les mêmes proportions, qu’ils soient ou non en secteur prioritaire d’éducation. Cependant, les enfants de ces secteurs sont plus nombreux à déclarer s’ennuyer parfois à l’école, et avouer qu’ils ne comprennent pas toujours les consignes données en classe.

Quelle que soit la situation de leur famille ou de leur établissement, les enfants sont tous plutôt optimistes par rapport à leur parcours au collège. Toutefois, ces inégalités vont avoir tendance à s’accroître à l’entrée au collège, et ainsi influencer les trajectoires scolaires entre les élèves des différents secteurs identifiés.

Source : Enquête de l’Afev Pratiques familiales et réussite éducative publiée le 24/09/2014.

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