Le thigh gap, une obsession dangereuse

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L’avis de Laurence Plumey, Médecin Nutritionniste

Auteure du Grand Livre de l’Alimentation, véritable guide pour la nutrition de toute la famille, le Dr Laurence Plumey a accepté de nous donner son avis de médecin nutritionniste sur la question du thigh gap.

« Les jeunes adolescentes qui s’adonnent à ces pratiques ont souvent, à la base, un risque très élevé d’anorexie mentale. En général ce sont des jeunes filles qui manquent de confiance en elles et qui vont chercher dans leur apparence, l’assurance de la séduction et de la beauté. Généralement, ces jeunes filles souffrent de ce que l’on appelle la dyspondéromorphophobie, c’est-à-dire une déformation de l’image corporelle qui fait que l’adolescente se trouve trop grosse, et n’est jamais satisfaite de son corps. Elles vont donc s’interdire d’avoir du plaisir à manger. Cela commence par un régime qu’elles resserrent de plus en plus pour arriver à des apports nutritionnels très faibles en sélectionnant rigoureusement ce qui n’est ni gras, ni sucré. Elles finiront par perdre beaucoup de poids, jusqu’à souvent passer en dessous de 40 kg.

En dessous de 40 kg, on commence à frôler dangereusement la maigreur pathologique avec une disparition des règles, une très grande fatigue, même si ces jeunes filles s’obligent à rester très toniques, dynamiques. La dénutrition s’installe. Elles ont de multiples carences et le corps affaibli devient potentiellement la proie d’infections en raison de la baisse des défenses immunitaires. En dessous de 40 voire 35 kg, le pronostic vital peut-être engagé. Pour l’entourage, cela devient un enfer. Les repas deviennent des moments de conflits. En somme, le thigh gap, c’est dangereux parce que cela entraîne les jeunes filles à repousser des limites qui peuvent mettre en danger leur vie. Le message, c’est que lorsqu’on a un problème avec son corps, il faut aller voir un expert pour en parler et il ne faut pas essayer de modifier son alimentation de façon autodidacte et en fonction de ce que font les autres copines !

Une adolescente qui maigrit, qui mange moins, qui a un discours très axé sur son corps, les calories, le gras, le sucre et qui en devient obsessionnelle, doit éveiller tous les warning des parents. Il ne faut jamais banaliser une quête de perte de poids chez une adolescente qui n’est pas en surpoids ; il faut en parler avec elle, se renseigner sur ses fréquentations et si on voit que cela va trop loin, il faut faire entrer un tiers dans la danse, en l’occurrence le médecin traitant dans un premier temps qui sera plus crédible, aux yeux de l’adolescente, pour inciter à consulter un expert en troubles du comportement alimentaire. »

Le Grand Livre de l’alimentation, dr Laurence Plumey. édition eyrolles. Prix : 23,90 €.

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