Autonomie : leur laisser mettre la main à la pâte

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Il ne sait pas encore écrire son nom et n’est pas prêt d’aller acheter le pain tout seul. N’empêche ! Dès 3 ans, l’enfant peut aider à la vie de la maison en apportant sa petite contribution. Il gagne en autonomie et, au moins, la table est mise.

Dès qu’il peut, il veut ! La recherche d’autonomie, voire d’indépendance, est instinctive chez l’enfant. « Un enfant autonome se sent un être à part entière », rappelle la psychanalyste Claude Halmos. A 3 ou 4 ans, les capacités motrices et intellectuelles de l’enfant sont suffisamment développées pour qu’il commence à appréhender le monde qui l’entoure et y apporte sa contribution. Mais pour pouvoir agir, l’enfant doit être en confiance et sentir chez vous une certaine sérénité. Attention à ne pas trop le couver au risque de l’inquiéter (« Ne touche pas ! C’est fragile ! Tu vas te faire mal ! »).

Certains enfants sont plus peureux que d’autres : inutile de les forcer à faire des choses qui les effrayent ou qui semblent ne pas leur convenir. Si votre enfant vous réclame et demande votre aide, ne lui refusez surtout pas. Être indépendant, ce n’est pas être tout seul.

Gagner son autonomie au jour le jour

« Être autonome, c’est être capable de se gérer tout seul pour toutes les tâches du quotidien » explique le Dr Halmos. En ne faisant rien pour vous, l’enfant peut culpabiliser ou se sentir mis à l’écart. En « assumant » des responsabilités, il se sent grand et légitime. Il se rassure aussi : il est capable de s’occuper de lui !

Si sa motivation est instinctive, elle dépend en grande partie de vous : il cherche à vous rendre fier. Encouragez chacune de ses réussites et n’hésitez pas à lui confier des missions, simples mais réelles : à 4 ans, l’enfant est en âge de comprendre. Si vous lui faites faire quelque chose d’inutile (trier les lentilles…), il s’en rendra vite compte.

Attention à ne pas non plus être trop exigent sur le résultat : il prendrait très mal de se faire gronder pour avoir inversé couteaux et fourchettes… La fierté de la réussite étant toujours plus motivante que la peur de l’échec, ne lui donnez pas d’objectifs impossibles à atteindre et assurez avant tout sa sécurité (s’il fait tomber les assiettes sur le carrelage, ce n’est pas trop grave).

Ranger sa chambre pour se l’approprier

Les petits enfants agissent principalement par imitation : les petites filles jouent à la marchande, mais aiment aussi passer le balai et l’aspirateur (ça ne durera pas). Encore trop jeunes pour laver les vitres ou passer l’O-Cedar, les enfants peuvent aider en faisant une chose simple : ranger.

On commence par le pyjama dans le range pyjama, la brosse à dents dans le verre… Puis arrive le temps de ranger sa chambre ! Pas encore enclin au conflit adolescent type « ne rentre pas dans mon espace », l’enfant veut bien ranger, mais comment ? Dès 3 ans, le système des bacs de couleur pour les jouets est judicieux: il lui permet de se rendre compte immédiatement de l’avancement de son travail. En rangeant sa chambre, il s’attribue un peu son espace. Pour ceux qui ne veulent vraiment pas ranger, la méthode Mary Poppins a fait ses preuves : essayez de transformer ça en jeu même si, objectivement, ça n’a rien d’amusant.

Ceci fait, étendez le domaine de la lutte au salon et aux autres pièces de la maison, où les jouets n’ont rien à faire. Evidemment, ce ne sera pas parfait : aidez-le à ranger et ne le grondez pas trop fort si des choses traînent encore. Imitation toujours : pour qu’il range, il faut que vous rangiez aussi.

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